A Hambourg, peut-être …

Denis Labayle
Éditions Dialogues (2014)
19,90 €

Paris octobre 1940. Le Professeur Dejean, chirurgien français de renommée internationale, reçoit une convocation insolite. Un médecin allemand, travaillant dans un hôpital réquisitionné par l’occupant lui propose ce pacte : « Opérez avec moi certains malades difficiles et, en échange, je vous ferai livrer les médicaments dont vous manquez cruellement. »
Au nom de leur éthique, les deux chirurgiens ennemis peuvent-ils dépasser leurs antagonismes ? Pareil pacte peut-il résister à la perfidie d’une Histoire qui truque les relations humaines et brouille les règles de la morale ? Cette rencontre va mener les deux adversaires vers un destin inattendu.

Denis Labayle nous entraîne dans une aventure originale, aussi déroutante que captivante. On ne peut refermer ce livre sans se poser la question : et moi, qu’aurais-je fait ?

Hymne à l’amitié, pari sur la singularité humaine, ce roman fait partie de ceux qu’on lit d’une traite.

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PRÉSENTATION DU LIVRE

PRESSE

OUEST FRANCE : « Vous dire que c’est bien écrit est un euphémisme. Denis Labayle nous a habitués à dévorer d’une traite ses récits. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Le dilemme est terriblement contemporain. Voilà un auteur essentiel à notre époque. »
Dominique Cresson

LE CANARD ENCHAINE : « Curieux livre, livre fort. Se lit d’une traite malgré toutes les interrogations qu’il suscite… Un bel exploit d’un roman qui interroge et « bouge les lignes » comme on dit aujourd’hui. »
André Rollin

AUJOURD’HUI, LE PARISIEN : « Coup de cœur de la semaine. Roman simple et puissant qui remue à grosses vagues la réalité de la guerre, ruine les certitudes et soigne sa chute avec des techniques scénaristes au scalpel. » Pierre Vavasseur

LE TELEGRAMME *** : « Un livre captivant de bout en bout  »
Dominique Le Bian-Rivier

SUD-OUEST *** : « Dix ans après « Parfum d’ébène », Denis Labayle a gardé la même densité dans des sujets graves, avec une écriture sensible. Il raconte combien il est difficile de juger sur les apparences. Prenant ! »

FRANCE INFO net : « Le roman de Denis Labayle nous entraine dans une aventure originale aussi déroutante que captivante… Le rythme est puissant, le ton très stylé et irréprochable. La lecture est fluide et de nombreux rebondissements maintiennent un fort suspens tout au long du roman. »

MEDIAPART : « Ce roman réussit le paradoxe de s’avaler d’un trait, mais aussi de se savourer , tellement les personnages sont forts et réussis. »
Jacques Tessier

Nord Bretagne.fr : « Pas de parti pris, juste une incroyable aventure humaine. »
Anne Bersac

 

Nouvelles sur ordonnance

Denis Labayle
Editions Dialogues
156 pages
15,90 €

Écrivain, Denis Labayle, n’oublie pas son passé de médecin hospitalier.
Au fil des nouvelles écrites dans une langue simple et pure, apparaissent les deux principaux personnages de son théâtre, le médecin et le malade, jouets du plus grand metteur en scène : la maladie. Ses personnages sont tendres, sensuels, drôles ou cruels.
Avec sa merveilleuse capacité à décrire la vie, Denis Labayle nous bouleverse dans « Le mensonge amoureux », nous scandalise avec « L’inquiétant monsieur Kervert », nous fait rire avec « Le ventre de Célestine », nous émeut en évoquant le désarroi de Jean Lentour dans « Bistrot »
Ses récits, aussi captivants qu’inattendus, nous font découvrir que la médecine, exercée avec humanité, est plus qu’une vocation ou un sacerdoce, c’est une seconde peau.
Un livre fou comme la vie.

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PRESSE

« Quand vous refermerez ce livre, il vous poursuivra encore longtemps, Denis Labayle a ce pouvoir. C’est un sorcier du récit, de la phrase qui mouche, il vous emporte immédiatement, vous bouleverse, vous fait sourire. il a ce don de nous parler à l’oreille. »
OUEST FRANCE

« Au fil d’une langue simple et pure, apparaissent les deux principaux personnages de son théâtre, le médecin et le malade, à la fois tendres, sensuels, drôles ou cruels, et jouets du plus grand des metteurs en scène : la maladie. »
LE TÉLÉGRAMME

« Ce recueil de nouvelles fort bien écrit, homogène ,et varié à la fois, apporte toute satisfaction, et pourrait faire basculer les non-amateurs de nouvelles de l’autre côté. »
EN LISANT

« Toutes ces nouvelles ont su me toucher, d’une manière ou d’une autre : l’humour, la tristesse, la tendresse, la joie qu’elles reflètent. Chacune est bien tournée. Cela respire le respect de l’être humain. »
MAGAZINE CULTURE

« Chaque nouvelle est un petit bout de vie. »
INFIRMIÈRE MAGAZINE

« Avec ce livre que vous ne lâcherez pas de la première à la dernière de ces dix nouvelles, Denis Labayle nous fait comprendre avec la plus grande délicatesse, la plus grande discrétion, la plus grande humanité, sans trace de moralisme, sans trace de didactisme mais avec un humour toujours sur le fil du rasoir, que la médecine est un métier tragique, un métier éthique, un métier à risque. »
HEGAL

Noirs en Blanc

Denis Labayle
Éditions Dialogues (2012)
19,90 €

Comment Zola Méké, jeune Africain issu d’une famille démunie, est-il devenu chirurgien à Paris ?

Pour faire ses études, Zola, adolescent, est obligé de s’exiler. D’abord à Cuba, puis en Russie et en France. Une ascension sociale terriblement coûteuse : déchirement familial, petits boulots pour survivre, racisme, tiraillement entre l’attrait d’une vie « moderne » et l’emprise de la culture originelle.

Mais ce roman est aussi une histoire forte d’amour et d’amitié entre quatre jeunes aux destins divergents. Une aventure humaine où les personnages de rencontre abondent : un idéaliste égaré, une singulière mère adoptive, un curieux chirurgien russe adepte du silence… Le tout narré d’une plume alerte où l’humour s’invite souvent.

Noirs en blanc est une fiction inspirée des témoignages de médecins étrangers travaillant dans nos hôpitaux. Il évoque la fuite des cerveaux d’Afrique : un drame pour ce continent… « Reprenez vos ONG et rendez-nous nos médecins », s’écrie Myesi, une femme chirurgien amoureuse de Zola.

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Presse

« Un roman formidable et courageux. La première partie, un Cubain aurait pu l’écrire, les deux autres, un Africain aurait aimé les écrire. »
Eduardo Manet

« Un très beau livre. »
Patrick Chamoiseau

« C’est tout l’exotisme à l’envers de ce roman qui cultive, dans la précision et la simplicité de l’écriture, de lointains cousinages avec la ferveur des récits de Joseph Kessel. »
Pierre Vavasseur – Le Parisien – Aujourd’hui

« Pour la première fois, un romancier se penche sur les destins de médecins étrangers exerçant dans les hôpitaux français. »
Coline Garré – Le quotidien du médecin.

« Tout simplement passionnant. »
Hervé Bertho – Ouest-France

« Denis Labayle livre un passionnant récit initiatique sur fond de guerre froide finissante et de fuite des cerveaux africains. »
La VIE.

« Un style fluide et bien rythmé, et l’humour souvent au rendez-vous. »
Olivier Fermé – Le Républicain

« Une histoire forte d’amour, d’amitié et d’abnégation. Une aventure humaine, jalonnée de rencontres singulières, de destins divergents. »
Dominique Le Brian-Rivier – Le Télégramme de Brest

« Une fiction passionnante, très humaine, loin de tout misérabilisme… Un roman à la fois prenant comme un policier, mais aussi passionnant pour son contexte historique et le thème central : quel avenir pour l’Afrique subsaharienne. »
Alain Tenaillon – La Revue du Praticien

« Denis Labayle dit les déchirements de l’exil, la fuite des cerveaux d’un continent saigné par la colonisation, les guerres, la corruption… Mais ses pages, pleines d’humour, disent aussi les rencontres , l’amitié et l’amour. La Vie. A lire absolument ! »
E. Debelleix – Infirmière Magazine. Mars

« Une histoire qui nous permet de nous interroger sur notre drôle de monde. L’ouvrage est facile à lire, à dévorer. Courez, achetez-le, vous ne serez pas déçus. »
Nadia Sahel – C senors.com

« Une jolie découverte. Captivée dès les premières pages, on s’attache rapidement à Zola… Un roman plein d’humour, d’amour et cinglant de réalité. »
Cassandra – L’air du temps

« Vous allez adorer l’histoire de Zola Méké. Bonne lecture. »
Reader’s Digest

Rouge majeur : Extraits

Denis Labayle
Synchronique Éditions (2018)
8 euros 90

« Le 5 mars 1955, Nicolas de Staël assiste à un concert au théâtre Marigny, à Paris. Bouleversé par la musique d’Anton Webern, il décide de traduire par la peinture son émotion. Dix jours plus tard, il se jette par la fenêtre de son atelier. Pourquoi un artiste jeune, séduisant, au faîte de sa gloire met-il fin à ses jours ? Jack Tiberton, journaliste au Washington Tribune, est le seul à connaître la vérité car, pendant ces dix jours, il était là. Il a tout vu, tout entendu, et surtout tout noté. »

PRIX DES LECTEURS DE BRIVE 2009

 

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Extraits

 

Extrait 1

« Nous continuons à longer les quais de la Seine, toujours aussi déserts, sans savoir jusqu’où. L’enthousiasme de Nicolas de Staël est tel que je ne ressens plus la crainte du danger. Il s’interrompt, se plante devant moi, me prend par les épaules : « Jack – vous permettez que je vous appelle Jack ? -, vous êtes le premier à qui je l’annonce : j’ai l’intention de peindre l’œuvre de ma vie. Une toile immense, peut-être la plus grande de toutes. Un tableau digne de mes maîtres, Vélasquez et Rembrandt. Je dis immense, pas seulement en taille. Non, immense par le sujet, par les couleurs, par l’ambition. Je veux que ceux qui viendront plus tard l’admirer entendent ma musique… »

Extrait 2

« Au matin, je sors difficilement du sommeil, monte à l’atelier prendre de ses nouvelles, frappe à la porte. J’entends sa voix gutturale : « C’est toi, Jack ? ». Il m’ouvre et j’ai un mouvement de recul : il est hirsute, pas rasé, les paupières gonflées de fatigue, les mains et la blouse maquillées d’un rouge sang. « Quel jour sommes-nous ?
Lundi.
Depuis quand sommes-nous à Antibes ?
Une semaine environ.
Déjà…
Tu as beaucoup travaillé ? » Il s’écarte, et la vision de la toile provoque en moi un véritable choc. Je pose mes affaires sur la table et me laisse choir sur le canapé. La toile, hier encore immaculée, est maintenant envahie de rouge. Un rouge riche de mille teintes. Non pas le rouge homogène, foncé et velouté d’un rideau de théâtre, mais des rouges multiples, vifs, rutilants. Je ne comprends pas comment il a réussi à couvrir l’immensité de la surface en une seule nuit, même à coups de brosses. « Qu’en penses-tu ? » Je reste silencieux, hypnotisé. Il y a dans cette couleur, peut-être, le feu de la vie, mais je ne peux m’empêcher de penser à celui du sang et de la mort. En tout cas je n’entends rien de la musique qu’il prétendait restituer. Comme je reste muet, il poursuit avec une satisfaction manifeste : « Voici la couleur attendue : du rouge jusqu’à l’horizon, là où le soleil meurt, là où la lave devient incandescente. C’est un feu immense ! De là va naître l’orchestre, et ensuite la musique… J’ai trop longtemps peint des impressions rassurantes. Aujourd’hui, ce rouge m’habite, j’y puise une force nouvelle, j’affronte la violence. » Plus je découvre la toile, plus je trouve qu’il en émane un souffle tragique, même à ce stade, à peine ébauchée, avec un long chemin encore à parcourir. « Alors, tu ne dis rien ?
Je suis impressionné… C’est intéressant… J’attends pour me prononcer.
Mais enfin, reconnais, c’est bien parti ? » Tout est encore trop brut, je ne peux au début du gué connaître la force du torrent qui va surgir. Nicolas va-t-il ouvrir les vannes de son inspiration et réaliser l’œuvre maîtresse dont il rêve ? Je me contente d’un prudent « Faut voir », et il paraît déçu. Au-delà de la fatigue, son visage semble plus détendu, sa peau plus colorée. Il a perdu ce regard triste et sévère qu’il s’adressait à lui-même comme la preuve d’une insatisfaction permanente. »

Rouge majeur

Denis Labayle
Synchronique Éditions (2018)
8 euros 90

« Le 5 mars 1955, Nicolas de Staël assiste à un concert au théâtre Marigny, à Paris. Bouleversé par la musique d’Anton Webern, il décide de traduire par la peinture son émotion. Dix jours plus tard, il se jette par la fenêtre de son atelier. Pourquoi un artiste jeune, séduisant, au faîte de sa gloire met-il fin à ses jours ? Jack Tiberton, journaliste au Washington Tribune, est le seul à connaître la vérité car, pendant ces dix jours, il était là. Il a tout vu, tout entendu, et surtout tout noté. »

PRIX DES LECTEURS DE BRIVE 2009

 

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Le roman de Denis Labayle mène le lecteur au cœur de la création, là où l’émotion jaillit, comme ce rouge incandescent choisi par Nicolas de Staël pour son dernier tableau, Le Concert..

Un voyage dans l’avant-garde artistique des années cinquante, une réflexion passionnante sur la création et ses doutes, la solitude de l’artiste qui cherche au-delà de l’horizon. Dix jours fictifs, possibles, qui font revivre cet énigmatique personnage, l’un des plus talentueux peintres de la France d’après-guerre, Nicolas de Staël. Continuer la lecture de « Rouge majeur »

Pitié pour les hommes : deux extraits

Pitié pour les hommes

L’euthanasie : le droit ultime
Denis Labayle
Editions Stock, Collection : Parti pris, 2009, 12 euros

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Extrait 1

Page 21, 22, 23

L’hypocrisie des mots.

Certains trichent aux cartes avec un jeu pipé, d’autres trichent dans les débats avec des mots truqués. Plus l’enjeu est important, plus les tricheurs mentent avec arrogance. Aussi pour débattre de l’essentiel, de la vie et de la mort, certains n’hésitent pas à employer les moyens les plus malhonnêtes. Continuer la lecture de « Pitié pour les hommes : deux extraits »

Pitié pour les hommes

L’euthanasie : le droit ultime
Denis Labayle
Editions Stock, Collection : Parti pris, 2009
12 euros

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De nombreuses personnalités – médecins, scientifiques, artistes, journalistes, responsables politiques – soutiennent la démarche du docteur Labayle exprimée dans son livre, et réclament le droit à l’euthanasie, cette ultime liberté. Agence France Presse 18 février 2009.

Nous approuvons et soutenons la démarche du docteur Labayle, exposée dans son livre Pitié pour les Hommes, l’euthanasie, le droit ultime, qui réclame une révision de la loi sur la fin de vie. Comme lui, nous demandons la dépénalisation de l’euthanasie, en souhaitant que la future loi s’inspire des réformes déjà réalisées en Belgique et en Hollande, afin d’offrir à ceux qui le désirent cette ultime liberté. Il s’agit d’accorder à chacun, pour le dernier départ, une valeur absolue qui se nomme selon le préambule premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : la dignité. Continuer la lecture de « Pitié pour les hommes »

Ton silence est un baiser : Extraits


Denis Labayle
Éditions Julliard (2007)
268 pages

« En repliant le journal, je songe à cette cynique évidence : le monde se meurt, et moi je revis. Sans cette épidémie qui sidère les hommes et occupe les premières pages des journaux, je ne serais pas dans cet avion en partance pour Boston avec l’espoir de retrouver Maud. »

 

Coup de coeur de la FNAC. Paris.

Sélectionné pour le prix du meilleur roman d’amour 2008 ; Prix Saint Valentin

Sélectionné pour le prix des lecteurs du Télégramme 2008

Présentation complète du livre

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Extraits

Pages 13 à 15

« … Jamais je n’ai voyagé dans un avion si vide, spécialement affrété pour nous par le gouvernement. Nous, les huit spécialistes français de la virologie, sommés de trouver dans les plus brefs délais LA solution, celle qui sauvera l’humanité. S’ils savaient, ces politiques et ces journalistes, à quel point nous errons !
À quel point ce mal qui ronge la planète nous reste étranger ! L’être invisible que nous traquons bouleverse nos modes de raisonnement, se moque de nos orgueilleuses certitudes. Personne n’y comprend rien. Les médias s’accordent sur une certitude : l’impensable est présent, la folie, d’actualité. Partout les espoirs de progrès s’écroulent. La machine à produire fonctionne au ralenti. Quelque chose s’est brisée dans la civilisation mécanique. Chaque jour, les journaux annoncent de nouveaux dysfonctionnements : l’informatique bégaie, les productions s’effondrent, les frontières se referment. La circulation dans les villes s’est raréfiée par manque d’essence ou par peur d’en manquer. Les familles se cloîtrent chez elles, chacun se méfie du voisin et développe un goût malsain pour l’espionnage. Jamais je n’ai senti un tel désarroi collectif : la peur est physique.
Etrange impression : vu d’ici, en survolant la terre, le monde semble se diviser entre ceux qui meurent et ceux qui craignent de mourir. La mort nous guette, et nous guettons la mort. Partout s’installe une silencieuse attente, comme pour une veillée d’armes.
Impossible de circonscrire les rumeurs. Face à la propagande officielle, les internautes transmettent vérités et mensonges. Les bruits les plus fous se télescopent. La presse annonce simultanément d’inquiétantes mutations du virus et l’espoir d’un vaccin. On raconte que, dans certains villages, les gens, lassés d’écouter les fausses nouvelles, ont jeté au feu leurs radios et leurs téléviseurs dans un autodafé désespéré.
Je n’attends rien de cette rencontre scientifique internationale. Rien d’autre que de retrouver Maud et, dans le sombre avenir où s’enfonce l’humanité, cette perspective suffit à me réjouir.
Pour la troisième fois depuis le départ, l’hôtesse nous asphyxie avec son gaz désinfectant. L’imbécile qui a rédigé cette directive ne sait-il pas que le virus est résistant à tous les produits disponibles ?
Il faut que je mette ma montre à l’heure de Boston en tenant compte du décalage horaire. Avec ces stupides contrôles sanitaires, nous avons plus de quatre heures de retard !
Maud m’aura-t-elle attendu ? »

Pages 113 et 114

« … Le restaurant qu’elle a choisi est éloigné du centre-ville, construit en haut d’une falaise pour dominer la baie. De jour, la salle semi-circulaire doit offrir une vue sur le large, mais il fait déjà nuit. Nous sommes les seuls clients, et cet isolement me paraît idéal pour donner à notre soirée un peu plus d’irréel.
Maud porte une tunique de soie bleue turquoise sur un pantalon noir. Je la sens joyeuse, enjôleuse, presque insouciante. Malgré nos étreintes de la journée, j’ai du mal à réaliser qu’elle est là, face à moi.
En attendant les plats, nous échangeons des regards. Je me penche vers elle pour lui chuchoter : « Maud… Les hommes veulent toujours savoir pourquoi ils sont sur terre. Moi, je le sais : je suis venu pour te rencontrer. » Elle me prend la main et me répond avec un sourire troublé : « Franck… Je dois t’avouer que, pendant ces mois d’absence, j’ai tenté de t’oublier… J’ai seulement découvert à quel point j’étais dépendante… Toxico de toi et assez folle aujourd’hui pour en reprendre une dose. »
Lequel des deux est le plus dépendant ?
Un serveur nous apporte deux assiettes larges comme des plats avec trop de tout, de viande, de pommes frites, de salade, de tomates, de raisins, de fromage. Une seule assiette pour deux aurait suffi.
Nous savourons l’instant, sans songer au passé. Quand Maud rompt le silence, c’est pour me livrer des aveux : « Franck, quand tu es là, ta présence me suffit, tout le reste devient dérisoire », et un instant plus tard : « Pendant des années, tu m’as emmenée là où je n’aurais jamais songé aller. Aimer, c’est peut-être cela : s’embarquer pour ailleurs… »
Autour de nous, la salle reste déserte, les clients tardent à venir. Tant mieux ! J’hésite encore avant de lui déclarer : « Maud… L’hiver dernier a été trop rude, j’ai cru plusieurs fois chavirer. J’en ai assez de gaspiller nos émotions. Il faut nous décider à… »
Mais elle pose son index sur mes lèvres et m’invite au silence : « Franck, pas ce soir… Nous avons encore une journée entière sans souci. Je t’en supplie, ne la gâchons pas. Plus tard… plus tard, on en reparlera. Pour l’instant, goûtons le même silence. Ton silence sur mes lèvres est un baiser. »