Parfum d’Ébène : Extraits

Denis Labayle
Éditions Julliard (2004)
294 pages
20 euros

« J’aimerais tant que tous les responsables politiques lisent Parfum d’ébène, leçon de réalisme, leçon d’humilité, leçon d’humanisme. »

Kofi Yamgnane – Ancien ministre de la République

Prix du Lions Club International, Paris, 2005

 

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Extraits

Pages 67 à 69

« … Quand une brise souleva enfin l’air chaud, je sortis de ma léthargie et partis explorer la ville dans l’espoir de le rencontrer. C’était absurde, bien sûr ! Mais je ne pouvais nier le désir qui m’habitait.
Je pris la direction d’un quartier que je n’avais pas encore exploré. Une zone plus incertaine. Je pénétrai dans un dédale de ruelles bordées de cabanes en tôle et en carton, de paillotes en palmes de cocotier. Je préférais ne pas imaginer ce qui pouvait rester de ces abris après le passage d’un cyclone. Les rares habitations en parpaings, bruts de béton, n’étaient pas les moins surprenantes avec leurs tiges métalliques tendues vers le ciel dans l’espoir d’une extension. Partout, des immondices refoulés dans les coins ou au fond des culs-de-sac. Je croisais des êtres en guenilles adossés à des murs blessés : aveugles, morceaux d’hommes exposant leurs difformités au soleil et à la pitié des rares passants. Corps sans membres, membres sans pieds, visages sans regard. Là, un unijambiste couché sur le sol, tendant en guise de sébile un moignon creusé par la lèpre. Un peu plus loin, un groupe de culs-de-jatte rampant au ras du sol, tels des cafards. Ici s’exposait le monde des parias, des inactifs faméliques qui quémandaient une pièce pour subsister. Ici, l’humanité meurtrie se disloquait, perdait tout repère. Pas d’eau, pas d’égout. Des remugles de pourritures et un silence impressionnant que seuls troublaient les cris des corbeaux. Je sentais qu’aucune règle, aucune loi ne pourraient arrêter la main de celui qui me planterait son couteau dans les reins juste pour me dérober les quelques billets froissés dans ma poche. J’en vins même à lui donner raison tant ma bonne santé devait susciter incompréhension et violence.
J’eus tout à coup l’impression, en passant devant les habitations, d’être observé par des yeux invisibles qui attendaient que je me perde dans ce labyrinthe où chaque passage pouvait déboucher sur une voie sans issue. Je me hâtai, me retournant à plusieurs reprises pour vérifier que personne ne me suivait. Rien. Et pourtant, j’eus la certitude d’une présence. Il me sembla même apercevoir une ombre furtive qui disparut aussitôt. Peu à peu, la peur m’envahit. Peur de me trouver confronté à une volonté destructrice dont j’ignorais tout, jusqu’au visage. Etait-il seul ou s’étaient-ils mis à plusieurs pour me tendre un traquenard ? Je pressai le pas, virai à droite puis à gauche pour semer mes poursuivants, mais je revins involontairement sur mes pas : le labyrinthe où je m’étais hasardé semblait sans issue et propice à une confrontation où tout devenait possible, jusqu’à ma disparition. Les appels au secours ne serviraient à rien. Qui viendrait aider un inconnu assez stupide pour franchir les limites de la prudence ? Jamais je ne m’étais senti si étranger. La panique me tortura le ventre. Par un réflexe de survie j’eus le désir de faire front, de me battre, d’affronter l’inconnu, de jouer le tout pour le tout. Je m’engageai dans une ruelle sombre et me réfugiai dans l’embrasure d’une porte. J’attendis, une pierre à la main. Dans mon dos ruisselait une sueur glaciale. Bientôt une silhouette se détacha de la blancheur des murs, passa de porte en porte. Je n’avais pas rêvé. J’eus le temps de le reconnaître à sa démarche souple. C’était lui, j’en étais sûr. Je laissai tomber ma pierre et m’apprêtai à l’apostropher. J’hésitai encore un moment avant de quitter mon refuge mais, trop tard, la forme s’était effacée dans l’ombre d’une habitation »

Page 191 à 194 : une des lettres envoyées par Damien à sa sœur

« Ma chère Hélène
J’ai trouvé ta lettre à mon retour de Macunda. Son ton m’a surpris. Serais-tu jalouse de mon bonheur ? L’amour que je vis n’altère en rien l’affection que je te porte et doit laisser intacte notre complicité. Tu me reproches à plusieurs reprises mon silence, mais n’avons-nous pas vécu pendant des années dans un autre silence, plus redoutable encore, qui évitait de nous interroger sur nous-mêmes ? Ces dernières semaines ont bouleversé ma vie comme un cyclone. Et j’en parle en connaissance de cause pour avoir assisté récemment à une colère de la nature dont je n’avais jamais imaginé la violence. Le cyclone amoureux est plus surprenant encore que cette tornade. Loin de me détruire, il m’a fait sortir du silence étouffant dans lequel nous nous complaisions depuis des années. Notre malheur nous unissait, mais cette union a entretenu notre isolement. Nous n’avons pas seulement subi la malédiction familiale, nous l’avons cultivée.
Tu te plains de la rareté de mes lettres. Il est vrai que tu m’écris plus souvent, mais pour dire quoi ? Tu m’évoques le temps à Paris, le dernier film que tu as vu ou tes difficultés relationnelles avec l’un ou l’autre de tes collaborateurs, mais je t’en prie, parle-moi de toi, de l’essentiel, de ce qui gouverne ton existence. Tu as été ma confidente, mais moi, qu’ai-je été pour toi ? Tu as toujours gardé une distance et je me rends compte aujourd’hui que ta vie m’est étrangère. Je ne sais rien de tes souffrances secrètes. Tu m’as dit avoir eu des amants, mais sans me parler d’eux ou presque. Tu m’as fait partager tes dépits amoureux, sans m’en donner les raisons.
Souviens-toi, tu venais chaque fois dans ma chambre te blottir dans mes bras en quête de consolation et quand je te questionnais, tu me répondais invariablement : « Parlons d’autre chose. » Je finissais même par te soupçonner d’inventer des ruptures pour te réfugier chez moi. Ah, Hélène, qui es-tu ? La femme raisonnable que j’ai toujours connue aurait-elle tout ignoré des joies de l’enfance et des folies de l’adolescence ?
Aujourd’hui, j’en suis convaincu, si nous avons su partager notre souffrance, je ne t’ai apporté qu’un bonheur malheureux qui n’est pas le vrai bonheur. Si je suis parti, c’est aussi pour nous sortir, toi comme moi, de cette sclérose sentimentale dans laquelle nous nous enfermions.
Ici, j’ai rencontré un autre bonheur, différent, plus fort, même s’il se présente plus fragile et plus angoissant aussi. Je partage ma vie avec une personne qui me fait chaque jour découvrir une part inconnue de moi-même. Pour la première fois, mon existence devient surprise, étonnement, découverte. Si tu m’aimes vraiment, alors réjouis-toi, car ton frère bien-aimé n’est plus l’individu pitoyable qu’il était.
Tu écris dans ta lettre que je m’éloigne. Je le reconnais : Paris me semble loin. Tous les détails qui ont rythmé mon quotidien s’effacent peu à peu de mon esprit. J’en oublie jusqu’aux immeubles de notre rue et aux bureaux du quartier des Invalides où j’ai sacrifié tant d’années. Ils représentent aujourd’hui pour moi l’image de l’ennui.
Mais sache que, toi, je ne t’oublierai jamais.
A part cela, lors de mon dernier passage à Macunda, je n’ai pas progressé dans l’enquête sur la mort de notre père. Pire, les cyclones ont, à plusieurs reprises, ravagé le cimetière. S’il est enterré là-bas, la nature a emporté définitivement son secret. Nous ne pourrons plus localiser sa tombe, ni rapatrier son corps.
Je me demande si notre projet est encore justifié. Je ne sais ce que notre père a fait de sa vie. Quelle était sa relation amoureuse avec notre mère ? Quel père il a été pour nous ? Peut-être avons-nous idéalisé un être qui n’a jamais existé. Aujourd’hui, quand je pense à lui, je l’imagine plus complexe et finalement plus humain. Il est temps que nous devenions à la fois plus lucides et plus tolérants. Nous voyons chez les autres la facette qui nous rassure ou nous convient. Si demain tu débarquais dans ma vie, saurais-tu reconnaître le frère que tu as connu ? Nous gardons tous un jardin secret, mélange de rêve et de réalité.
Je te joins un croquis de Macunda après le passage du cyclone. Il ne peut malheureusement rendre compte de la violence dont j’ai été témoin. Je t’embrasse tendrement.
Ton frère Damien qui n’a jamais cessé de t’aimer. »

Parfum d’Ébène


Denis Labayle
Editions Julliard (2004)
294 pages
20 euros

« J’aimerais tant que tous les responsables politiques lisent Parfum d’ébène, leçon de réalisme, leçon d’humilité, leçon d’humanisme. »

Kofi Yamgnane – Ancien ministre de la République

Prix du Lions Club International, Paris, 2005

 

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Présentation du roman

par J.L. du journal L’Alsace
« Pourquoi Damien, la quarantaine passée, a-t-il accepté un poste de coopération à l’ambassade d’un pays africain fragile politiquement ? Ce même pays où son père est mort, il y a longtemps, ce père dont il souhaite rapatrier le corps. S’il le trouve… La quête du père pour se retrouver lui-même. Dans une petite ville très éloignée de la capitale, où il tombe sous le charme et la beauté d’un jeune Africain de 20 ans : Solou. Une passion folle le gagne ? Lui, qui n’avait qu’une vie de sentiments et de sexe banale, se découvre vouloir aimer, donner et protéger.
Damien nous emporte sur un fleuve où l’aveuglement est une voile dangereuse car sans but précis. Au risque d’échouer, mais d’en sortir peut-être plus grand : être enfin en accord avec soi-même. Découvrir qu’on peut à la fois aimer un être différent et un autre pays. » Continuer la lecture de « Parfum d’Ébène »

Le dossier médical informatisé, une nouvelle carte d’identité ?

Le Monde 21 septembre 2004

Désolé, cher monsieur, mais, après examen de votre dossier médical, nous ne pouvons vous accorder de prêt bancaire. » Cette réponse, aujourd’hui, ne nous surprend plus. Le banquier ne va pas prendre le risque de prêter de l’argent à un citoyen susceptible de tomber malade ou atteint d’un handicap. Une santé aléatoire rend la vie professionnelle difficile et les remboursements incertains. Cette logique financière est, dans notre société, implacable ! Continuer la lecture de « Le dossier médical informatisé, une nouvelle carte d’identité ? »

Un prélude à la crise de l’hôpital

Le Monde août 2003

Si l’on juge de la qualité d’un navire et de la fiabilité de son équipage, non pas par temps calme, mais lors d’une tempête, on peut estimer que le navire « santé publique » va mal. Plusieurs milliers de morts en quelques jours. Une hécatombe ! Certes, on peut comme le capitaine-ministre accuser la nature, mais on peut également mettre en cause la qualité de la structure et la compétence de ceux qui la dirigent. Car la canicule a bon dos ! Bien sûr l’événement est unique, bien sûr il était imprévisible, mais il y a trois ans nous assistions à la tempête du siècle, aujourd’hui c’est un autre caprice météorologique, demain ce seront des inondations ou une épidémie. Gouverner c’est prévoir, y compris dans le domaine de la santé. Continuer la lecture de « Un prélude à la crise de l’hôpital »

Cruelles retrouvailles : Extraits

Denis Labayle
Editions Julliard (2002)
202 pages
18,10 euros

Prix du roman du Doubs 2002
Prix Littré 2003
Mention spéciale du jury au Prix du Télégramme de Brest 2003
Sélectionné pour le prix Synopsis 2003

Présentation complète de l’ouvrage

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Extraits

Pages 7 et 8 :
« La vie s’est présentée à moi comme une fausse aventure. Par son ascension ininterrompue, mon existence aurait pu servir d’exemple ou de preuve que la société permettait aux plus humbles d’accéder aux plus hautes responsabilités. Et j’aurais pu continuer cette ascension si je n’avais perçu qu’elle créait une faille toujours plus béante avec mes origines et que cette permission s’avérait factice. Aussi fut-ce de mon propre gré que j’y mis un terme. Aucun de mes collègues de faculté ne comprit que je puisse quitter l’université sans avoir tenté ma chance d’atteindre les sommets. J’en tirai la profonde fierté d’avoir choisi moi-même mon destin. Je ne sais si j’en garde aujourd’hui regrets ou rancœur mais, c’est indéniable, j’y ai gagné en liberté. Et puis j’étais devenu médecin et le voyage pour y parvenir m’avait moi-même surpris. Comment en étais-je arrivé là ? Comment le petit vacher, le bouseux, le pèquenot comme on m’appelait au lycée, avait-il pu larguer les amarres de la fatalité paysanne ? Comment avait-il pu naviguer entre la jalousie des voisins, les reproches du frère et les encouragements ambigus du père ? Pour déjouer leurs obstacles, je les avais tous quittés sans regret. Tout au moins c’est ce que je pensais… car il ne se passait pas un mois sans que je retourne « là-bas », au fond du Finistère, pour faire craquer la terre. J’avais toutefois l’impression d’avoir tracé ma vie comme les sillons des champs de mon père. Profonds et droits. J’aurais donc pu savourer longtemps cette situation qui avait fait de moi un parvenu mais voilà, je le revis, et ce jour-là, de nouveau, ma vie bascula. »

Pages 45 à 48 : la mort de la mère…
« Chacun se crée des rites. Lors de mes retours au pays, je consacrais ma première visite de la matinée au cimetière pour nettoyer la tombe de ma mère. Après avoir avalé mon café et rangé ma chambre, je courus vérifier que le vent ou un mauvais voisin n’avait pas emporté les fleurs posées sur sa dalle. Je tenais à ce que sa dernière demeure soit de loin la plus gaie. Je lui devais bien cela, elle qui n’avait connu que le sacrifice et la rigueur des pauvres gens. J’entretenais également la tombe de mon frère qu’on avait couché à ses côtés, mais je faisais vite, y consacrant juste le temps qu’impose la décence, de peur qu’en m’y attardant, se réveille en moi l’absurde culpabilité. J’étais le seul à remplir cette tâche funéraire, mon père refusant de céder à cette obligation sociale par crainte, j’en étais sûr, de s’effondrer de chagrin sur la pierre où gisait sa fidèle compagne. Ma mère était morte trois ans auparavant. Non pas de vieillesse ou de maladie, mais d’épuisement. Ni mon départ vers la capitale, ni le décès de mon frère n’avaient modifié son rythme de travail, sans doute pour ignorer l’absence. Elle se levait toujours tôt le matin, avant tout le monde, dès le premier cri des oies affamées, pour donner à manger aux bêtes et préparer le petit déjeuner. Elle n’avait pas reçu l’éducation qui rend l’éloquence facile. Elle me parlait par gestes et par regards. Lorsque je lui apportais, triomphant, l’un de mes succès scolaires, elle limitait son compliment. “ C’est bien, mon fils ” se contentait-elle de me dire avec un discret sourire qui traduisait sa satisfaction, et je lisais dans son regard, la fierté. Je savais que ce jour-là elle me confectionnerait un kouignaman moelleux à la saveur incomparable. Une fois, une seule, elle prit mes mains dans les siennes maladroitement et je crus qu’elle allait enfin exprimer ce que son cœur chérissait mais j’attendis… J’attendis un long moment et elle resta sans mot dire. L’expression des sentiments ne se façonnait pas à l’école française où elle avait passé, de toute façon, bien peu de temps. Elle m’apprit à tout économiser, mes habits, le pain, un bout de ficelle, les épluchures et même l’eau de la vaisselle pour le poulailler. Tout, y compris la parole, et c’est ainsi que le silence s’installa lentement entre nous avec l’âge et le temps. On la retrouva un jour étendue, raide, froide, près du clapier. Elle avait juste eu le temps de terminer sa tâche et de distribuer les graines avec les feuilles de choux. Les animaux habituellement si prompts à manifester leur joie et leur détresse l’avaient regardée silencieux, ingrats et rassasiés. Même notre chien toujours en éveil s’était curieusement contenté de rester à ses côtés, les yeux hagards, la langue pendante, poussant de petits cris plaintifs mais refusant d’y croire. C’est tard dans la soirée, quand s’installa la veillée funèbre, qu’il laissa éclater de longs sanglots. Il hurla toute la nuit contre la mort qui emportait sa maîtresse. Je dus pour le calmer l’emmener tôt le matin s’épuiser sur la lande. Il courait loin et revenait chaque fois vers moi avec dans le regard et la voix la même interrogation, pleine d’incompréhension. A force de caresses et de fausses explications, je finis par le calmer et à midi nous avons suivi ensemble le convoi de sa maîtresse en route pour son dernier voyage. Le seul qu’elle ait effectué car, depuis le jour de ses noces où mon père l’avait ramenée de Guerguelec, elle n’avait jamais eu assez d’argent pour quitter le village. Elle avait à cette époque tout juste dix-huit ans. Au village, elle savait tout des drames et des haines, des amours et des faiblesses. Elle parlait poliment à tous mais avec parcimonie, elle restait économe de ses pensées et cultivait la discrétion. D’elle, on vantait la fidélité à mon père et l’ardeur au travail. Mais de ses fils, on parlait peu, l’un mort, l’autre étranger. De quoi alimenter bien des mystères et justifier toutes les malédictions. Elle n’avait ni amie ni ennemie. Aussi, toutes les femmes sans exception se relayèrent-elles la nuit à son chevet, revivant entre deux prières ces brèves histoires qui avaient ponctué la monotonie de leur vie. Tous ceux du village furent présents pour former le cortège. Pas un ne manqua, ce qui au pays reste exceptionnel. Les haines se cultivent et se transmettent comme la terre, et chacun profite du moindre événement pour en réveiller la mémoire. Même son beau-frère, le frère de mon père à qui nous n’adressions plus la parole depuis plus de vingt ans, depuis qu’il s’était emparé de nos deux meilleurs champs lors du remembrement, même lui, suivit le cercueil, derrière, avec les chiens, jusqu’à la mise en terre. »

Cruelles retrouvailles

Denis Labayle
Éditions Julliard (2002)
202 pages.
18,10 euros

Prix du roman du Doubs 2002
Prix Littré 2003
Mention spéciale du jury au Prix du Télégramme de Brest 2003
Sélectionné pour le prix Synopsis 2003

 

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Présentation du roman

par Yolande Bastian, de la bibliothèque de Sarrebourg,
paru dans Page, le journal des libraires :

« Entre le rythme effréné de la journée et ses errances nocturnes et solitaires, un médecin de banlieue parvient à trouver un fragile équilibre. Les blessures d’enfance semblent cicatrisées… lorsque soudain surgit, de ce silence opaque, Yann Pennec, curieux compagnon du passé : il est fascinant, manipulateur, pervers. Renaît alors une relation ambiguë faite d’admiration et de crainte, de malaise et de mensonges, de sourires et de morsures. Cependant, les forces se sont inversées : Joseph est désormais médecin, et c’est Yann le malade…
Peinture sociologique d’une banlieue populaire colorée, savoureuse et attachante, évocation d’une douloureuse ascension sociale et du combat d’un homme contre ses démons et ses angoisses, ce roman généreux est très agréable à lire. Le ton juste, le style classique, les mots riches et subtils. » Continuer la lecture de « Cruelles retrouvailles »

Tempête sur l’hôpital

Denis Labayle
Editions Le Seuil (2002),
276 pages
17, 50 euros.

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Présentation du livre

Denis Labayle ne se contente pas de dénoncer l’incohérence de l’institution, il explique pourquoi on en est arrivé là et évoque les risques pour l’avenir. Il entraîne le lecteur au-delà des services de soins, dans les coulisses de l’hôpital à la rencontre de ceux qui le dirigent et des mystérieux maîtres-fantômes qui décident à distance de son avenir. Plus on s’éloigne des soins, plus on se rapproche des décideurs.
Fondé sur l’expérience et sur la recherche, son livre décrit une réalité vivante grâce à des témoignages et de nombreuses anecdotes comme seuls peuvent en rapporter les hommes de terrain. Continuer la lecture de « Tempête sur l’hôpital »

Microbes du bien, microbes du mal

Le Monde, 2 octobre 2001

« Rennes en quarantaine… », « vingt-cinq foyers de variole déclarés à ce jour… », « Premiers cas d’anthrax diagnostiqués chez 350 passagers d’un Boeing 747 en provenance de Karachi… », « L’aéroport de Roissy, zone interdite, zone contaminée… ». On peut facilement imaginé les gros titres de la presse si le bioterrorisme se manifestait. Pure fiction ? Fantasme médiatique pour donner des frissons aux nantis ? Continuer la lecture de « Microbes du bien, microbes du mal »

La France de l’audace

Denis Labayle
Les initiatives qui changent la société
Préface d’Albert Jacquard
Éditions Seuil

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PRESSE

Parce qu’il est allé « rôder du côté du meilleur », Denis Labayle nous révèle une France de l’audace et de l’imagination où les initiatives fourmillent, où les hommes et les femmes cherchent, innovent et trouvent des solutions concrètes à des problèmes réputés insolubles.
Étudiants qui pratiquent le tutorat bénévole, banques qui mettent sur pieds des prêts et des placements-partage, chefs d’entreprise précurseurs de la réduction du temps de travail, réseaux d’échanges réciproques de savoirs, créateurs d’emplois d’insertion, collectivités religieuses qui inventent un indice boursier éthique, médiateurs de la nuit dans les banlieues, on pourrait multiplier les exemples sans épuiser le richesse de cette révolution silencieuse. Continuer la lecture de « La France de l’audace »

La vie devant nous

Denis Labayle
Éditions Le Seuil, 1999
242 pages
17 euros

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Présentation du livre

En 2005, un français sur cinq avait plus de soixante ans, cinq millions plus de soixante-quinze ans et deux millions ont perdu leur autonomie. Ces chiffres, notre société préfère les oublier comme elle a souvent oublié les conditions dans lesquelles meurent nos aînés. Un jour ou l’autre chacun se trouve confronter au problème de rechercher un établissement spécialisé pour un parent ou pour soi-même.
Pour ce livre, paru en 1995, Denis Labayle a enquêté pendant plus de trois ans sur les institutions accueillant des personnes âgées. Il ne s’est pas contenté d’évoquer les drames et les scandales, sans discrimination entre le secteur privé et le secteur public, il est allé à la rencontre de ceux qui explorent l’avenir. Continuer la lecture de « La vie devant nous »